Tercom – Conseil en Stratégie de Communication

juin27

Le Collectif composé de salariés qui souhaitait voir mener à bien les négociations entamées entre le groupe Hersant Media et Rossel a pris connaissance ce mercredi 27 juin de la décision du retrait du groupe Rossel « qui se voit obligé d’abandonner le rapprochement avec le groupe GHM »

Le collectif ne cache pas son amertume et ses craintes : « Cette triste nouvelle que nous redoutions pourtant, compte tenu de l’aveuglement de certains syndicats, nous ne la souhaitions pas. Nous avons même, malgré la mauvaise foi des uns et les insultes des autres, invité l’ensemble du personnel à se déterminer. Le résultat du vote a été sans appel, sur 50,3% de votants, 98% se sont prononcés en faveur du rapprochement avec Rossel. Dans la foulée, le Groupe Hersant Média va sans doute déposer son bilan dans les jours ou les heures qui viennent. Les salaires de juin, l’intéressement, contrairement à ce que de doux rêveurs laissent encore entendre, ne seront peut être pas assurés.Etait-ce le souhait de la Filpac-CGT et du SNJ-CGT ? Eux seuls ont la réponse. Le Collectif et l’ensemble du personnel attendent maintenant leurs solutions, les fameuses cartes qu’ils avaient dans leurs manches. »

Le groupe Rossel dans son communiqué motive sa décision par plusieurs points : « le groupe familial Rossel ne peut se permettre d’investir  dans un projet quel qu’il soit, si, avant même de le démarrer, il constate que les éléments essentiels à sa réussite ne sont pas réunis. Il est convaincu que les investissements importants et indispensables à la mutation du modèle économique de la presse quotidienne ne peuvent porter leurs effets que s’ils sont réalisés dans des entreprises où une concertation sociale mature et responsables existe réellement. Il regrette bien évidemment cet échec car il reste convaincu que ce projet industriel offrait de réelles perspectives de développement à des entreprises aujourd’hui en difficultés ainsi qu’à leurs salariés et permettait de conserver au service des zones géographiques couvertes et de leurs habitants, une information indépendante et de qualité, indispensables à toute démocratie. »

Rossel rend donc les armes mais pourrait peut être revenir sur le devant de la scène dans quelques semaines. Après le dépôt de bilan qui semble inéluctable, rien n’empêchera Rossel (mais aussi d’autres parmi lesquels peut être un ancien PDG de l’union récemment remercié) de faire une offre de reprise auprès du tribunal de commerce. Si c’était le cas, l’acquisition pourrait au bout du compte se révéler beaucoup moins coûteuse puisque l’accompagnement des salariés licenciés serait certainement moindre que ce qui était prévu dans la négociation initiale entre Rossel et GHM (30 mois de salaires nets). Auquel cas, Rossel pourrait remercier la Filpac CGT de lui avoir fait réaliser de sacrées économies. Il est quelquefois des retournements de situation qui peuvent laisser pantois…

Dominique Lebrun

2 Commentaires

  • Commentaire by bussiere — 4 août 2012 @ 15 h 56 min

    Je ne sais qui de la Filpac-CGT ou du Dominique Lebrun prête le plus à sourire. Quand un ancien journaliste, prétendument fort d’une solide expérience dans le domaine économique (juste à l’Union ! Alors là, ça en impose), attaque à bras raccourcis des syndicats (Filpac-CGt et SNJ-CGT), sans leur donner la parole, ça interpelle. Ca interpelle sur la manière, dont hier, il traitait ses dossiers. Ca interpelle sur l’indépendance dont il a fait montre hier, et aujourd’hui désormais. Mais surtout, ce qui laisse pantois, c’est sa méconnaissance crasse d’un dossier qui, loin de cantonner à une affaire de rachat d’un groupe de journaux (pôle CAP, mais aussi Nice Matin, Corse Matin et La Provence) par un groupe de presse belge, pose le problème à venir de la mise en place de nouveaux outils numériques, tel qu’à La Voix du Nord (CCI Newsgate), du souci exprimé par ce même actionnaire de dégager un EBE de 10 %, de changer profondèment les habitudes de lecture des lecteurs, etc. Mais pour voir tout ça encore faut-il être un peu journaliste. Et donc enquêter.
    Bertrand Bussiere, journaliste, lui, mais pas donneur de leçons.

  • Commentaire by Dominique Lebrun — 16 août 2012 @ 8 h 40 min

    C’est bien volontiers que j’accueille le commentaire de Bertrand Bussiere et que je prends bonne note de ses remarques tout en n’ayant pas du tout le sentiment d’avoir « une méconnaissance crasse » de ce dossier. A aucun moment d’ailleurs je n’ai évoqué l’arrivée de Rossel comme celle d’un chevalier blanc qui viendrait investir à perte dans plusieurs titres de la presse quotidienne régionale française. J’ai simplement estimé que la proposition de reprise de Rossel était a moment où elle a été faite la plus pertinente et la plus pérenne même si elle n’était pas socialement sans lourdes conséquences. A propos de mon indépendance d’hier comme d’aujourd’hui, elle a le mérite de n’appartenir à personne et je n’en dirai pas autant des représentants des syndicats dans ce dossier. Il m’est en outre difficile d’entendre parler d’indépendance de la part d’un syndicat comme la Filpac-CGT qui a empêché en début d’année la parution du quotidien Sud-Ouest coupable d’avoir interviewé le président de la République sortant, ce qui en dit long sur certaines méthodes. Rossel a probablement beaucoup de défauts comme le souligne Bertrand Bussiere mais il doit aussi avoir certaines qualités puisqu’il contribue à faire vivre en sa qualité d’actionnaire majoritaire un certain nombre de journalistes et d’ouvriers du livre, à La Voix du Nord notamment. Bertrand Bussier, « journaliste lui, mais pas donneur de leçons », ne peut l’avoir oublié…
    Dominique Lebrun

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