Tercom – Conseil en Stratégie de Communication

juin20

En votant massivement pour la reprise des négociations entre Hersant et le groupe Rossel les salariés du pôle CAP (L’union, l’Ardennais, l’Est Eclair, Libération Champagne, l’Aisne Nouvelle) ont souhaité démontrer de manière écrasante (98% de oui) que derrière le « jusqu’au boutisme du syndicat Filpac CGT », une majorité de salariés était prête à négocier pour assurer l’avenir du journal.

Du côté de la Filpac CGT, on préfère se moquer de ce plébiscite « digne de la Corée du Nord » en notant que seulement 50, 32% des salariés se sont exprimés, oubliant au passage les pressions et autres intimidations qui ont pu avoir cours pour inciter nombre de salariés à ne pas s’exprimer. Une chose est en tout cas évidente, au sein même du pôle de presse deux clans se font face, rendant encore plus complexe une situation déjà bien mal engagée et qui pourrait se terminer par un redressement judiciaire avec toutes les conséquences qui pourraient l’accompagner.

France Soir, Paris Normandie et bien sûr la Comareg sont autant d’exemples récents que même dans un groupe de presse le pire peut arriver. Le problème que rencontrent aujourd’hui les journaux du pôle CAP dépasse toutefois le simple cadre régional. La reprise de ces journaux mettrait en effet à mal la main mise historique de la CGT sur la presse française et ouvrirait sans nul doute un pan dans lequel de nombreux entrepreneurs de presse ne manqueront pas de s’engouffrer. Rien d’étonnant dès lors à ce que la centrale nationale impose à ses représentants locaux une ligne dure, quitte à faire perdre leur emploi à des centaines de salariés. Lorsque Bernard Marchant vient négocier pour le groupe Rossel et reçoit des journaux en pleine figure, cela ressemble à tout sauf à une négociation salariale. Pas étonnant que dans de telles conditions, le groupe Rossel ait quitté une table qui n’avait de négociations que le nom.

Vendredi 22 juin, une nouvelle réunion est programmée entre Rossel et le Groupe Hersant Média. Elle s’annonce décisive pour l’avenir de 624 salariés qui pourrait bien finir par tout perdre. Cela ressemblerait à un incroyable gâchis dont la Filpac CGT porterait l’essentiel de la responsabilité. Tant va la cruche à l’eau…

Dominique Lebrun

3 Commentaires

  • Commentaire by Jacques Taquet — 21 juin 2012 @ 18 h 52 min

    bonjour,

    votre analyse me paraît parfaitement refléter la situation et les enjeux de ces négociations. Il semble en effet que la centrale nationale FILPAC CGT approuve et encourage la ligne dure des « ouvriers » du Livre rémois, mais pourriez-vous préciser pourquoi « La reprise de ces journaux mettrait en effet à mal la main mise historique de la CGT sur la presse française »? J’avoue que cette dimension-là m’échappe quelque peu..
    Merci d’avance

  • Commentaire by Dominique Lebrun — 22 juin 2012 @ 8 h 42 min

    Céder serait pour la Filpac CGT un aveu de faiblesse et pourrait entraîner d’autres restructurations dans différents groupes de presse. La Filpac CGT est le syndicat unique de la presse quotidienne et entend ne pas voir sa main-mise sur ce secteur remise en cause. En lâchant du lest pour accepter une restructuration pourtant jugée indispensable par tous les observateurs, la CGT prend le risque de voir d’autres journaux suivre la même voie avec à la clef un affaiblissement – qui s’annonce de toute manière inéluctable mais la CGT veut gagner du temps – des ouvriers du livre.

  • Commentaire by Jacques Taquet — 22 juin 2012 @ 9 h 57 min

    merci de cet éclaircissement, donc ils ne signeront rien lundi…

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